Publié le 31 Mars 2014

 

 

Chant troisième

 

2. Théâtre-vérité

 

 

 

Théâtre vérité

 

 

Le jour de mes douze ans, on fêta, une fois encore sans ma permission, mon anniversaire de nouveau-né. J’y voyais des séquences de douze mois rythmer ma vie qui progressait dans sa pleine réalité. Quel était au juste cette tradition ? Célébrer notre venue parmi la violence des hommes, celle qu’il fallait apprivoiser, faire compagne pour mieux l’isoler de soi et enfin la combattre ? Etait-ce ce en quoi consistait cette cérémonie répétitive ? Féliciter le récipiendaire d’être dans le jeu de l’oie, d’avoir échappé une année durant au glaive et à la peste, le soutenir dans cet effort, le récompenser par des objets sans âme et une pâtisserie éclairée de bougies pour témoins de la distance parcourue, pire, pour montrer celle qui reste à parcourir ? Etait-ce cela le vrai de la chose ? En ce jour de bienveillances à mon égard j’avais du mal à soutenir ces regards sur moi, ces intentions pacifiques, ces mouvements joyeux déplacés. J’étais sur les planches, saluant. Devant moi le public m’applaudissait pour une pièce bien mal écrite, celle des épreuves de ma vie.

 

 

A suivre...

 

 

 

© JPT / les mots écrits de Jonas D.

Illustration : Frédéric Daniel Hardy

 

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Rédigé par Jonas D.

Publié dans #L'oeuvre défunte

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